La structure de l’Apocalypse

Dès la première lecture, il apparaît comme évident que le livre de l'Apocalypse est bien structuré. Le chiffre sept est central dans cette structure. Je vais essayer, dans cet article, de décrire l'ensemble.

Mais un simple description serait insuffisante. Aussi, je tenterai de comprendre le sens de la structure.

Tentative de description de la structure

Je me suis basé essentiellement sur l’Introduction au Nouveau Testament de Carson et Moo pour rédiger cette partie de l’article.

Le premier chapitre de l’Apocalypse est une introduction au livre. Le début du chapitre constitue une introduction classique telle qu’on peut en trouver dans plusieurs lettres du Nouveau Testament. Le chapitre continue avec une vision de Jésus-Christ glorifié et décrit par une longue série d’éléments symboliques nous rappelant son identité et son œuvre.

Les chapitres 2 et 3 contiennent de courtes lettres écrites à chacune des sept églises auxquelles le livre est adressé . Ces lettres sont structurées de manière identique. Elles commencent par une formule de salutation : « écris à l’ange de l’Eglise de… ». Ensuite vient une description de l’auteur, le plus souvent tirée du chapitre 1. Puis vient le corps de la lettre comprenant souvent des félicitations, des critiques et la menace d’un jugement. Finalement, une exhortation à écouter et une promesse pour ceux qui resteront fidèles.

Les chapitres 4 et 5 décrivent Dieu (les trois personnes de la Trinité), siégeant dans une salle du trône céleste. Autour d’eux se tiennent différents cercles de créatures qui adorent Dieu. Au début du chapitre 5, il y a un problème : personne n’est trouvé digne d’ouvrir le livre. Mais l’Agneau en est capable. Et cela marque la transition avec la suite où l’ouverture du livre sera décrite.

Les chapitres 6 à 8.5 décrivent justement l’ouverture du livre. Le livre étant fermé de sept sceaux, il y aura sept étapes à l’ouverture auxquelles correspondent sept événements (principalement des catastrophes). Les six premiers sceaux sont regroupés et le septième est à part. Entre le premier groupe de six et le septième se trouve deux visions du peuple de Dieu. Suite à l’ouverture du septième sceau, une demi-heure de silence se produit, suivie d’un grand jugement.

Les chapitres 8.6 à 11 décrivent un autre cycle de sept. Là-aussi, il y a un premier groupe de six, puis deux visions, puis un septième élément. Il s’agit de sept anges (mentionnés en 8.2) qui sonnent de la trompette. Lorsque l’un des anges sonne de la trompette, une catastrophe se produit. Les deux visions, des chapitres 10 et 11, présentent une révélation cachée ainsi que deux témoins tués et ressuscités.

Les chapitres 12 à 14 présentent une sorte de récit épique mettant en opposition un dragon accompagné de deux bêtes d’un côté et une femme et un enfant de l’autre côté. Un grand combat fait rage. Il semble que le dragon a l’avantage à la fin du chapitre 13 puisqu’il domine, grâce à ses bêtes. Mais le chapitre 14 renverse cela en présentant le grand jugement.

Les chapitres 15 et 16 forment une nouvelle septaine. Chaque nouvelle étape est inaugurée par le versement du contenu d’une coupe. À nouveau, le chapitre 16 se termine par la victoire de Dieu.

Les chapitres 17 et 18 décrivent la chute de Babylone. Les chapitres 19 et 20 décrivent la victoire finale.

Pour terminer, les chapitres 21 et 22 décrivent la Nouvelle Jérusalem.

La fin du chapitre 22 forme un épilogue où beaucoup de liens peuvent être faits avec le chapitre 1.

J’ai essayé de résumer la structure avec le tableau suivant. Tout n’y est pas dit, mais ce tableau permet d’avoir une vue d’ensemble. J’ai probablement fait des erreurs, car ma compréhension du livre de l’Apocalypse est bien lacunaire et un schéma ne convient jamais totalement à la réalité.

Une structure porteuse de sens

Nous avons essayé de comprendre la structure du livre. Il faut désormais essayer de comprendre l’objectif de cette structure. Je crois qu’il est difficile d’établir des liens trop étroits entre ces différents cycles. On pourrait noter que les trompettes 2, 3 et 6 ressemblent aux coupes 2, 3 et 6, mais c’est à peu près le seul parallèle structurel possible, et il n’est pas totalement satisfaisant.

Je crois que la structure du livre de l’Apocalypse nous enseigne trois choses :

  1. Le point principal est que Dieu est le grand maître de l’Histoire. Les cycles en 7 (le chiffre de Dieu) montrent que c’est Dieu qui dirige le cours des événements. Il a le pouvoir de laisser agir les bêtes, et d’arrêter leur action. Il est celui qui envoie les cataclysmes. Il gère, à la fois la nature et les nations opposées à lui.
  2. L’Histoire est marquée par la difficulté. L’Apocalypse nous prévient que les difficultés et la persécution sont à prévoir. Guerres, famines, martyrs, cataclysmes, idolâtrie et persécution font partie du plan de Dieu. En un sens, c’est un puissant encouragement pour l’enfant de Dieu qui subit la difficulté car il est conscient que cela n’échappe pas au contrôle de son Père.
  3. L’aboutissement sera la grande victoire de Dieu. Les 4 cycles (sceaux, trompettes, signes et coupes) s’achèvent soit par la victoire de Dieu, soit par son jugement. De plus, l’ensemble du livre se termine par la grande chute de Babylone et l’établissement de la Nouvelle Jérusalem.

Réflexions sur le rapport entre la structure du livre et la chronologie

Il est tentant d’essayer de trouver une chronologie à l’ensemble du livre. Mieux encore, on pourrait être tenté de chercher des liens avec l’Histoire du passé ou l’Histoire contemporaine.

En particulier, on peut se demander si les 4 cycles du milieu du livre (sceaux, trompettes, signes et coupes) doivent être compris l’un après l’autre ou de manière parallèle.

Cette question est difficile. Je ne prétends pas avoir la réponse. Mais il me semble tout de même difficile de prendre ces quatre cycles comme décrivant 28 étapes de l’Histoire de manière linéaire. En particulier, les 4 cycles se terminent par un jugement ou une victoire qui semblent mettre un point final à l’Histoire.

Je pense que les 4 cycles présentent des points de vue différents. Ils nous montrent l’Histoire dirigée par Dieu.

La question pénible : Les 1’000 ans

Dans l’Histoire récente de l’Eglise, la question des 1’000 ans d’Apocalypse 20 a fait couler beaucoup d’encre. Trois options existent :

  1. Jésus reviendra et instaurera un règne de 1’000 ans (prémillénarisme).
  2. Lors de sa mort et de sa résurrection, Jésus a instauré ce règne, en attendant sa seconde venue (amillénarisme).
  3. Il faut que l’Eglise instaure 1’000 ans de paix avant que Jésus ne revienne (postmillénarisme).

Bien entendu, chacun de ces options peut se défendre. Je ne vais pas essayer d’entrer dans le débat ici. Je fais juste quelques remarques :

La durée (1’000 ans) ne devrait pas être prise de manière littérale. Il y a de nombreuses durées décrites dans le livre de l’Apocalypse (par exemple : 1260 jours = 3.5 ans, 42 mois = 3.5 ans, un temps, des temps et la moitié des temps). Il me semble avant tout que le but de ces chiffres et de montrer que le compte à rebours est précis dans la pensée de Dieu et qu’il mène l’Histoire précisément à son terme dans le temps qu’il a lui-même choisi.

Le fait que Satan soit capturé ne signifie pas qu’il soit inactif. En réalité, Satan agit assez peu, en personne, dans la création. A ma connaissance,Satan n’intervient en personne que deux fois : en Genèse 3 lors de la Chute ainsi qu’en Matthieu 4, Marc 1 et Luc 4 lors de la tentation de Jésus. Deux événements cruciaux de l’histoire de la rédemption.

Au final, même si la chronologie n’est pas claire, la direction est assurée. Même si l’on n’est pas certain de la chronologie des événements, en tous les cas, Jésus-Christ obtient la victoire finale. La mission de l’Église, en attendant son retour ne change pas, quelque soit l’interprétation que nous avons d’Apocalypse 20.

Conclusion

Le livre de l’Apocalypse est un livre qui nous remplit d’espoir. En comprenant bien la structure du livre, l’enfant de Dieu est rassuré : son Seigneur est bel et bien le maître absolu de l’Histoire. Son plan aboutira à la victoire et à l’établissement du règne parfait de Dieu. Que toute la gloire lui soit rendue.

Cet article fait suite à deux article, dans la même série. Le premier sur les difficultés du livre de l’Apocalypse et le deuxième sur le(s) but(s) de ce livre.

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Jonathan Meyer

Jonathan Meyer est pasteur à l’Église de l’Action Biblique de la Servette à Genève.

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